N°18 - Les survivants

 


Le 11 novembre 1918, à 11 heures du matin, les cloches sonnent dans toute la France. L'armistice est signé. La guerre est finie. Sur les 8 millions de soldats français mobilisés entre 1914 et 1918, plus de 1 400 000 sont morts. Mais plus de 6 millions ont survécu. Tu fais partie des survivants.


Le retour

Pendant des semaines, des mois parfois, les soldats rentrent chez eux. Les trains ramènent des millions d'hommes vers leurs villages, leurs familles. Certains sont accueillis dans la joie. D'autres retrouvent une maison vide : leur femme est morte, leurs enfants ont grandi sans eux, leurs parents sont décédés. Tu rentres chez toi. Tu retrouves ta vie d'avant. Mais rien n'est plus comme avant.


Les blessures visibles

Des centaines de milliers de soldats rentrent blessés. Certains ont perdu un bras, une jambe, les deux. D'autres ont le visage défiguré par les éclats d'obus ou brûlé par les gaz. On les appelle « les gueules cassées ». Beaucoup ne peuvent plus exercer leur ancien métier. L'État leur verse une pension, mais elle est souvent insuffisante pour vivre dignement.


Les blessures invisibles

D'autres soldats n'ont aucune blessure visible, mais ils sont brisés à l'intérieur. Ils ont vu trop d'horreurs. Ils ont vécu trop de peur. Ils ont perdu trop de camarades. Certains ne dorment plus. Ils font des cauchemars. Ils sursautent au moindre bruit. On ne comprend pas leur souffrance. On leur dit : « La guerre est finie, il faut oublier. » Mais on ne peut pas oublier quatre ans d'enfer.


La difficulté de réintégration

Beaucoup de survivants ont du mal à reprendre leur place dans la société. Ils ont passé quatre ans à obéir aux ordres, à vivre dans la violence, à voir la mort chaque jour. Comment retrouver une vie normale ? Les jeunes qui sont partis à 20 ans reviennent à 24 ans. Ils n'ont pas appris de métier. Ils n'ont pas fondé de famille. Ils doivent tout recommencer.

Les femmes ont travaillé pendant la guerre. Elles ont dirigé les fermes, les commerces. Elles ont gagné leur indépendance. Certains hommes ont du mal à accepter ce changement.


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