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Affichage des articles du août, 2026

N° 0 - Démarrage du jeu

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N° 1 - L'ordre de mobilisation générale

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Tu es dans ton lit, tu te réveilles. Par la fenêtre ouverte, le soleil se lève. C'est l'été, il fait chaud. Tu t'étires paresseusement lorsque les cloches de l'église se mettent à sonner furieusement. Étonné, tu te penches à la fenêtre. Ton voisin court vers sa maison. « Hé, qu'est-ce qu'il se passe ? Y'a un incendie ? » Il te répond sans s'arrêter : « Non, c'est la guerre ! On est en guerre contre l'Allemagne ! » Tu t'habilles et tu cours vers la place du village. Devant la mairie, des hommes sont attroupés, silencieux, l'air grave. Tu lis l'affiche collée sur le mur : mobilisation générale. Tous les hommes âgés de 20 à 47 ans doivent se présenter rapidement à Perpignan, au bureau de l'armée. Tu rentres chez toi et prépares ton sac. Tu te rappelles ton service militaire. Comme tous les jeunes français de 20 ans, tu as passé 3 ans à la caserne de Perpignan. Entraînement intensif, longues marches avec un sac énorme, ramper dans la...

N° 2 - La visite médicale

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Le train arrive en gare de Perpignan. Sur le quai, des centaines d'hommes descendent des wagons. La foule est immense. On vous crie de vous mettre en rang. Vous marchez en colonne à travers les rues de la ville jusqu'au bureau de recrutement de l'armée. Devant le grand bâtiment militaire, une file d'attente interminable s'étire sur plusieurs centaines de mètres. Des hommes de tous âges patientent, silencieux. Le soleil d'août tape fort. La chaleur est étouffante. Les heures passent lentement. Tu as soif, tu as faim, mais personne ne bouge. Enfin, après des heures d'attente, c'est ton tour. Un soldat te fait signe d'entrer. Tu traverses un long couloir sombre et frais. On te fait entrer dans une grande salle. Un médecin militaire est assis derrière une table encombrée de documents et de tampons. Il ne lève même pas les yeux vers toi. « Enlevez votre chemise. » Tu te déshabilles rapidement. Le médecin se lève enfin et s'approche. Il t'examine ...

N° 3 - Le choix de l'arme

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  La cour de la caserne est pleine d’hommes. Le soleil tape sur les pavés et réchauffe l’air. On entend les bottes claquer, les voix s’élever, des cris d’officiers qui passent entre les rangs. Tu es aligné parmi eux. Ton cœur bat un peu plus vite. Chaque homme regarde autour de lui, silencieux ou parlant doucement avec son voisin. L’officier lit des noms sur une liste. À chaque appel, un soldat s’avance et disparaît derrière les grands panneaux accrochés au mur. Il parle vite, sans sourire. Les hommes obéissent, certains semblent nerveux, d’autres marchent d’un pas assuré, le regard fixé droit devant eux. Ton nom retentit. Tu fais un pas en avant. L’officier te regarde à peine et désigne les panneaux. Quatre chemins différents se dessinent devant toi. Chacun mènera à un rôle précis, mais tu ignores ce que tu trouveras là-bas :      A - L’armée de terre rassemble :              1) l’infanterie c’est-à-dire les soldats qui comba...

N° 4 - 1914, la guerre de mouvement

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On te donne ton uniforme, ton fusil et un lourd sac à dos. Tu t’habilles rapidement. Puis, un officier vous fait ranger en rang de deux, et vous partez à pied jusqu’à la gare de Perpignan. Les quais de la gare sont bondés de soldats qui attendent leur train. Les cris des chefs de gare se mêlent aux sifflements des trains. Tu avances dans la foule, ton sac lourd sur l’épaule, en suivant les autres soldats.  Tu montes dans ton train. Il est plein à craquer. Tu te glisses dans un wagon déjà rempli de soldats. Vous êtes serrés les uns contre les autres, debout dans les couloirs, assis sur vos sacs. Tout au long du voyage, des trains te croisent sans arrêt. D'abord, ce sont d'autres convois qui foncent vers la frontière entre la France et l’Allemagne, chargés de canons et de munitions. Puis des trains pleins de soldats comme toi. À chaque fois qu'un train passe, les hommes agitent leurs képis par les fenêtres en criant. Le bruit des locomotives fait trembler les vitres. Cette im...

N° 5 - 1915, la guerre des tranchées

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Tu restes avec les autres soldats derrière les murs de la ferme. Ton officier hoche la tête et repart vers l'avant. Les heures passent. Vous entendez des coups de feu au loin, puis plus rien. Au lever du soleil, un des éclaireurs revient en courant. Il est blessé à l'épaule. « Je suis le seul survivant. Tous les autres sont morts », dit-il simplement. Personne ne parle. Les semaines suivantes, vous combattez presque chaque jour. Vous avancez, vous reculez, vous repartez. C'est la guerre de mouvement. Les villages défilent. Les batailles s'enchaînent. Puis, en octobre, tout s'arrête. Plus personne n'avance. Cela fait maintenant plusieurs mois que tu es au front. L'hiver 1914-1915 a été terrible. Le froid mordant, la boue glacée, les nuits interminables. Mais le printemps arrive. Les arbres bourgeonnent. Les Allemands sont devant vous, à quelques centaines de mètres. Vous ne pouvez pas les chasser. Eux non plus ne peuvent pas vous chasser. Alors, pour se proté...

N° 6 - 1916, défendre la ville de Verdun

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L'hiver 1915-1916 s'achève. Tu as survécu aux tranchées. Ton régiment a été retiré du front pour se reposer quelques semaines à l'arrière. Vous dormez dans des granges, vous mangez chaud, vous vous lavez. C'est un luxe après des mois dans la boue. Mais le repos ne dure pas. Un matin de février 1916, les officiers vous rassemblent. Leurs visages sont graves. « Messieurs, les Allemands ont lancé une offensive massive sur la ville de Verdun. Ils veulent percer nos lignes et foncer vers Paris. Nous partons immédiatement en renfort . » Vous montez dans des camions militaires qui roulent toute la nuit. Par la fenêtre, tu vois défiler les villages déserts. Plus vous approchez de Verdun, plus le bruit devient assourdissant. Le grondement continu des canons fait trembler la terre. Le ciel est orange, illuminé par les explosions. Vous arrivez enfin. Le spectacle est terrible. Des milliers d'obus tombent sans arrêt. Les arbres sont déchiquetés. La terre est retournée sur des k...

N° 7 - 1917, défendre le Chemin des Dames

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  Tu as survécu à l'enfer de Verdun. Après des mois de combats acharnés, les Allemands ont fini par reculer. Verdun n'est pas tombé. La France a tenu. Ton régiment est retiré du front pour se reposer. Mais le repos est court. Au printemps 1917, tu repars au combat. Cette fois, direction le Chemin des Dames, au nord de la France. Le Chemin des Dames est une crête qui domine toute la région. Les Allemands occupent les hauteurs. Les Français sont en contrebas. Le général français veut lancer une grande offensive pour reprendre cette position stratégique. Tu arrives sur place en avril 1917. Le paysage est dévasté. Les arbres sont réduits en morceaux. La terre est criblée de trous d'obus. Des ruines de fermes abandonnées parsèment la campagne. L'offensive est lancée. Pendant des jours, vous attaquez les positions allemandes. Les pertes sont terribles. Des milliers de soldats tombent sous les mitrailleuses ennemies. L'offensive échoue. Vous ne progressez presque pas. Les ...

N° 8 - 1918, l'offensive finale

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  Tu as survécu au Chemin des Dames. L'offensive de 1917 a échoué, mais tu es toujours vivant. L'année 1918 commence dans le froid et la fatigue. Cela fait maintenant plus de trois ans que la guerre dure. Trois ans de tranchées, de boue, de mort. Mais en 1918, tout change à nouveau. Les Allemands lancent une dernière grande offensive au printemps. Ils progressent de plusieurs dizaines de kilomètres. Les tranchées sont abandonnées. On se bat à nouveau dans les champs, dans les villages, sur les routes. C'est le retour de la guerre de mouvement, comme en 1914. Puis, en juillet, c'est au tour de l'armée française de contre-attaquer. Les Américains sont arrivés avec des milliers de soldats frais. L'armée française reçoit aussi de nouvelles armes : des chars d'assaut qui écrasent les barbelés, et surtout des avions de chasse qui mitraillent les positions ennemies depuis le ciel. Tu es dans un camp militaire avec ton régiment. Un officier vient te voir. « Solda...

N° 9 - Le monument aux morts

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Tu te trouves devant le monument aux morts de Banyuls-sur-Mer. Il a été sculpté en 1933 par Aristide Maillol, un artiste célèbre du village. Ce monument en pierre calcaire bleue honore les soldats de Banyuls morts pendant les deux guerres mondiales. Leurs noms sont gravés en lettres dorées sur la pierre. Le monument se compose de trois panneaux qui racontent une histoire, comme une bande-dessinée :      Au centre , un soldat nu est couché sur un glaive (épée courte). Il porte seulement un casque sur la tête, comme les héros de l'Antiquité. Il semble dormir paisiblement. Ce soldat représente la mort de tous ceux qui sont partis à la guerre et ne sont jamais revenus.       À sa droite , deux femmes sont figées dans la douleur. Une jeune femme est assise, le visage baissé, triste. Devant elle, une vieille femme debout aux traits tirés pose sa main sur son bras pour la réconforter. Ces deux femmes représentent la vie et la souffrance de ceux qui restent. Elles ...

N° 10 - La marine nationale

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  La cour de la caserne est pleine de marins. Le soleil tape sur les pavés. On entend les voix s'élever, des cris d'officiers qui passent entre les rangs. Tu es aligné parmi eux. Ton cœur bat un peu plus vite. Chaque homme regarde autour de lui, silencieux ou parlant doucement avec son voisin. Un officier monte sur une estrade et déroule une carte. Il pointe du doigt l’océan Atlantique, la Manche et la mer Méditerranée. « Messieurs, vous êtes des marins et la France a besoin de vous ! Les Allemands ont des sous-marins dangereux qui attaquent nos bateaux. Nous devons protéger nos côtes et nos alliés. » Il continue en marchant devant vous : « Vous allez être répartis sur différents navires. Certains d'entre vous embarqueront sur des navires de guerre pour combattre l'ennemi en mer. D'autres monteront à bord de navires-hôpitaux pour soigner les blessés rapatriés du front. Et quelques-uns partiront sur terre pour combattre comme fusiliers-marins . » Tu regardes autour ...

N° 11 - Embarquer sur un navire de guerre

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  Tu embarques sur le cuirassé Suffren, un énorme navire de guerre. C'est une forteresse flottante, longue de 126 mètres, armée de canons puissants. On t'affecte comme matelot canonnier. Ton travail : charger et tirer les obus contre les navires ennemis. La vie à bord est dure. Vous vivez entassés dans des dortoirs étroits. L'air sent le mazout et la sueur. La mer est souvent agitée. Mais tu t'habitues. Depuis août 1914, le Suffren patrouille en Méditerranée. Votre mission : protéger les bateaux de marchandises et les bateaux transportant des civils et des soldats contre les sous-marins allemands. Ces sous-marins sont invisibles. Ils attaquent sans prévenir, tirent une torpille, et disparaissent sous l'eau. De nombreux navires français ont déjà coulé. Les semaines passent. Tu apprends ton métier de canonnier. Tu te lies d'amitié avec tes camarades de bord. Vous partagez tout : les repas, les quarts de nuit, les angoisses. Car chaque jour, vous savez qu'un so...

N° 12 - Les navires hôpitaux

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  Tu embarques sur un navire-hôpital. Ce n'est pas un navire de guerre. C'est un bateau transformé en hôpital flottant pour soigner les soldats blessés. Le navire est peint entièrement en blanc avec de grandes croix rouges sur les côtés et sur le pont. Ces signes doivent indiquer aux ennemis : « Ne nous attaquez pas, nous soignons des blessés. » Selon les règles de la guerre, les navires-hôpitaux ne doivent jamais être attaqués. À bord, tout est organisé comme dans un véritable hôpital. Il y a des salles d'opération, des dortoirs pour les blessés, des réserves de médicaments et de bandages. Des médecins et des infirmiers travaillent jour et nuit. Ta mission : aller chercher les blessés évacués du front et les ramener vers les hôpitaux de l'arrière en France. Le navire fait des allers-retours constants entre les ports du front et les ports français. Chaque voyage, c'est le même spectacle. Des centaines de blessés montent à bord sur des brancards. Certains crient de ...

N° 13 - Les fusiliers-marins

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  Les fusiliers-marins sont des soldats un peu spéciaux. Ce sont des marins, mais ils combattent sur la terre avec un fusil au lieu de rester sur leurs bateaux.  En août 1914, quand la guerre commence, la France a besoin de beaucoup de soldats. L'armée décide alors de créer une brigade spéciale avec des marins. On rassemble 6 600 matelots pour former la brigade des fusiliers-marins.  Ces marins ne sont pas du tout prêts pour combattre sur terre. Certains sont très jeunes, à peine dix-sept ans. Beaucoup ne savent même pas se servir d'un fusil ! Au début, on les envoie à Paris pour aider la police. Mais très vite, la guerre change tout. En septembre 1914, l'armée perd beaucoup d'hommes dans les premières batailles. Elle a besoin de renforts. Les fusiliers-marins sont envoyés au front, en première ligne. Leur mission : arrêter l'avancée des Allemands en Belgique avant qu'ils n'arrivent à la frontière entre la France et la Belgique.  Les combats sont terribles. ...

N° 14 - Les services de santé

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                                           On te conduit vers le bâtiment des services de santé. La cour est remplie d'hommes comme toi. Certains portent déjà des blouses blanches. D'autres attendent, nerveux. Un officier médecin monte sur une estrade. Il porte un uniforme avec des insignes rouges. « Messieurs, bienvenue dans les services de santé de l'armée. » Il poursuit : « Vous allez soigner les soldats malades ou blessés. Votre mission est essentielle : maintenir l'armée en bonne santé pour qu'elle puisse combattre. » L'officier descend de l'estrade et marche devant vous. « Les services de santé ont besoin de deux types d'hommes. D'abord, des médecins militaires. Ils dirigent les hôpitaux de campagne, examinent les soldats, décident des soins. Ensuite, des infirmiers militaires. Ils transportent les blessés, soignent les plaies, distribuent les médicaments, assistent les m...

N° 15 - L'ambulance

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  Pendant la Première Guerre mondiale, le mot ambulance ne désigne pas un véhicule comme aujourd'hui. C'est un hôpital de campagne installé juste derrière la première ligne de front. Un hôpital mobile L'ambulance suit les mouvements de la division. Quand les soldats avancent, l'ambulance avance aussi. Quand ils reculent, elle recule. Elle s'installe dans des bâtiments abandonnés : fermes, écoles, granges, parfois même sous des tentes. L'ambulance est dirigée par un médecin-major, assisté par plusieurs médecins, des infirmiers et des brancardiers. Le premier niveau de soins Quand un soldat est blessé au combat, les brancardiers vont le chercher sous le feu ennemi. Ils le transportent jusqu'à l'ambulance sur un brancard. À l'ambulance, le médecin examine rapidement le blessé. Il doit décider vite :           Si la blessure est légère , il soigne sur place et le soldat retourne au combat.           Si la blessure est grave ...

N° 16 - Le travail des infirmiers

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  Le travail des infirmiers militaires ne consiste pas seulement à soigner les blessés. Il comporte aussi des tâches terribles que personne n'imagine. Assainir les champs de bataille Après chaque bataille, des centaines de cadavres restent sur le terrain. On ne peut pas les laisser là. Ils pourraient contaminer l'eau et propager des maladies. Les infirmiers reçoivent donc l'ordre d'assainir les champs de bataille. Ce travail est épuisant et écœurant. Il faut d'abord retrouver tous les corps. Certains sont cachés dans des trous d'obus remplis d'eau. D'autres sont enterrés sous la terre retournée par les explosions. Parfois, les corps sont là depuis plusieurs jours. Les infirmiers creusent des fosses profondes. Ils y déposent les cadavres, les arrosent de chaux vive pour accélérer la décomposition, puis les recouvrent de terre. Pour les carcasses de chevaux et de vaches, ils les brûlent sur place. Identifier les morts Le règlement militaire oblige les in...

N° 17 - La grippe espagnole

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En 1917, alors que la guerre fait rage depuis 4 ans, une nouvelle catastrophe frappe le monde entier : une épidémie de grippe d'une violence jamais vue. On l'appelle "la grippe espagnole". Une grippe pas comme les autres Cette grippe n'est pas une grippe ordinaire. Elle tue en quelques jours. Les malades ont une fièvre très forte, toussent du sang, ne peuvent plus respirer. Beaucoup meurent étouffés. La grippe espagnole ne s'appelle pas ainsi parce qu'elle vient d'Espagne. Elle s'appelle ainsi parce que l'Espagne, qui n'est pas en guerre, est le premier pays à en parler librement dans ses journaux. En France, en Allemagne, en Angleterre, la censure de guerre empêche de dire la vérité sur l'épidémie pour ne pas démoraliser les populations. Une épidémie mondiale L'épidémie commence au printemps 1918. Elle se propage à une vitesse terrible dans le monde entier. Les soldats qui vivent entassés dans les tranchées, affaiblis par des année...

N°18 - Les survivants

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  Le 11 novembre 1918, à 11 heures du matin, les cloches sonnent dans toute la France. L'armistice est signé. La guerre est finie. Sur les 8 millions de soldats français mobilisés entre 1914 et 1918, plus de 1 400 000 sont morts. Mais plus de 6 millions ont survécu. Tu fais partie des survivants. Le retour Pendant des semaines, des mois parfois, les soldats rentrent chez eux. Les trains ramènent des millions d'hommes vers leurs villages, leurs familles. Certains sont accueillis dans la joie. D'autres retrouvent une maison vide : leur femme est morte, leurs enfants ont grandi sans eux, leurs parents sont décédés. Tu rentres chez toi. Tu retrouves ta vie d'avant. Mais rien n'est plus comme avant. Les blessures visibles Des centaines de milliers de soldats rentrent blessés. Certains ont perdu un bras, une jambe, les deux. D'autres ont le visage défiguré par les éclats d'obus ou brûlé par les gaz. On les appelle « les gueules cassées ». Beaucoup ne peuvent plus...