N° 22 - Le soldat disparu

 



Tu restes avec ton groupe pour défendre la ferme Moisy. C'est une vieille ferme en ruine qui sert de poste défensif. Vous vous installez dans les décombres. Certains renforcent les murs abîmés avec des sacs de terre. D'autres creusent des positions pour les mitrailleuses.

Depuis plusieurs jours, les Allemands attaquent sans relâche. Ils veulent reprendre ce secteur. Vous résistez du mieux que vous pouvez. Les combats sont violents. Les obus tombent sans arrêt. La ferme est pilonnée jour et nuit.

Ce 16 avril 1917, l'attaque allemande est particulièrement féroce. Dès l'aube, un déluge d'obus s'abat sur votre position. La terre tremble. Les murs de la ferme s'effondrent. La fumée et la poussière rendent l'air irrespirable.

Puis les fantassins allemands surgissent. Ils sont nombreux. Vous tirez sur eux depuis vos positions. Les balles sifflent dans tous les sens. Les explosions assourdissent. Le chaos est total.

« Tenez bon ! Ne reculez pas ! » hurle ton sergent. Mais l'ennemi est trop nombreux. Certains de tes camarades tombent. D'autres reculent vers l'arrière de la ferme.


Soudain, un énorme obus explose juste à côté de toi. Tout devient noir.

Quand la fumée se dissipe, tu n'es plus là. Tes camarades te cherchent après la bataille, mais ne te retrouvent jamais. Ni ton corps, ni tes affaires. Tu as simplement disparu dans le chaos de cette journée terrible.

Le 18 juin 1917, l'armée envoie un avis à ta famille : « Disparu au combat. » Plus tard, le tribunal déclare ta mort. Elle est fixée au 16 avril 1917. Tu avais 22 ans.

Tu t'appelais Joseph BAQUE, et tu étais soldat de 2ème classe au 22ème Régiment d'Infanterie Coloniale.