N° 25 - Le mitrailleur

 



Tu rejoins ton régiment pour l'offensive finale. Depuis quatre ans, tu combats sans relâche. Tu as survécu à Ypres en Belgique, à Verdun, au Chemin des Dames. Tu as changé trois fois de régiment au gré des besoins de l'armée. Maintenant, tu es au 109ème Régiment d'Infanterie avec le grade de caporal fourrier.

En octobre 1917, au Chemin des Dames, tu t'es fait remarquer par ton courage comme mitrailleur. On t'a donné une citation à l'ordre du régiment et la Croix de Guerre avec étoile de bronze. « Mitrailleur d'élite », ont-ils écrit. Tu en es fier.


Maintenant, en octobre 1918, c'est la dernière bataille. Les Allemands reculent partout. L'armée française avance village après village. La victoire est proche. Tu le sens. Encore quelques semaines et la guerre sera finie.

Le 26 octobre, ton régiment reçoit l'ordre d'attaquer dans les Ardennes. Vous devez repousser les Allemands encore plus loin.

L'offensive commence. Tu avances avec ta mitrailleuse lourde sur l'épaule. Les Allemands résistent férocement. Ils savent qu'ils vont perdre la guerre, alors ils se battent avec l'énergie du désespoir. Les tirs fusent de partout.

Pendant cinq jours, tu combats sans relâche. Les villages sont pris, perdus, repris. Les pertes sont terribles des deux côtés.



Le 31 octobre 1918, à Condé-les-Herpy, une balle ennemie te touche. Tu tombes au milieu du combat. Tu viens de mourir. Tes camarades continuent à avancer. 

Onze jours plus tard, le 11 novembre, l'armistice est signé. La guerre sera finie. Mais toi, tu es mort onze jours trop tôt. Tu avais 25 ans.

Tu t'appelais Jérôme COUSSANES, et tu étais caporal mitrailleur au 109ème Régiment d'Infanterie.