N° 24 - Le matelot

 



Tu embarques d'abord sur le navire-hôpital appelé Duguay-Trouin. Tu es matelot de 3ème classe sans spécialité. Tu n'es pas infirmier. Tu es un marin qui fait naviguer le navire.

Ton travail : entretenir le bateau, nettoyer les ponts, aider aux manœuvres, charger et décharger les provisions. Pendant que les médecins soignent les blessés en bas, toi tu travailles en haut pour que le navire puisse naviguer.

Le Duguay-Trouin fait des rotations entre Moudros en Grèce et Bizerte en Tunisie. Vous transportez les soldats blessés qui viennent du front d'Orient.


Le front d'Orient

La guerre ne se déroule pas seulement en France. Il y a aussi un autre front très loin, en Orient : dans les Balkans, en Grèce, en Turquie. Des soldats français combattent là-bas contre les armées turques et bulgares qui sont alliées de l'Allemagne.

Les soldats blessés sur ce front d'Orient sont trop loin pour être soignés sur place. Il faut les évacuer par bateau. Le navire-hôpital va les chercher à Moudros en Grèce, traverse la Méditerranée, et les dépose à Bizerte en Tunisie où se trouvent de grands hôpitaux militaires.

À chaque voyage, tu vois monter à bord des centaines de blessés sur des brancards. Tu entends leurs gémissements. Mais ce n'est pas ton travail de les soigner. Toi, tu fais naviguer le navire.


La guerre se termine en novembre 1918, mais toi tu continues à transporter des blessés jusqu'en juin 1920. Il faut rapatrier tous les soldats. Tu es transféré sur le navire-hôpital appelé Vinh-Long. Cette fois, les rotations se font entre Toulon et Constantinople en Turquie. Tu continues le même travail, voyage après voyage.

Tu rentres à Banyuls. Tu as passé 15 mois en mer. En 1922, on te remet la médaille interalliée de la Victoire.

Tu t'appelais Jean COSTE, et tu étais matelot sur les navires-hôpitaux. Tu as survécu à la guerre et tu as vécu jusqu'en 1987. Tu décèdes de mort naturelle à l’âge de 89 ans.