N° 6 - 1916, défendre la ville de Verdun
L'hiver 1915-1916 s'achève. Tu as survécu aux tranchées. Ton régiment a été retiré du front pour se reposer quelques semaines à l'arrière. Vous dormez dans des granges, vous mangez chaud, vous vous lavez. C'est un luxe après des mois dans la boue.
Mais le repos ne dure pas. Un matin de février 1916, les officiers vous rassemblent. Leurs visages sont graves. « Messieurs, les Allemands ont lancé une offensive massive sur la ville de Verdun. Ils veulent percer nos lignes et foncer vers Paris. Nous partons immédiatement en renfort. »
Vous montez dans des camions militaires qui roulent toute la nuit. Par la fenêtre, tu vois défiler les villages déserts. Plus vous approchez de Verdun, plus le bruit devient assourdissant. Le grondement continu des canons fait trembler la terre. Le ciel est orange, illuminé par les explosions.
Vous arrivez enfin. Le spectacle est terrible. Des milliers d'obus tombent sans arrêt. Les arbres sont déchiquetés. La terre est retournée sur des kilomètres. Des colonnes de soldats montent au front pendant que d'autres redescendent, hagards, couverts de boue.
La ville de Verdun est le verrou qui protège Paris. Si la ville tombe, la France perd la guerre. Alors l'armée envoie tous ses hommes pour tenir coûte que coûte. On vous appelle « les renforts ».
Le commandant vous désigne sur une carte. « Certains d'entre vous iront défendre le fort de Vaux, un point stratégique essentiel. Les autres s'installeront avec les canons sur les crêtes pour repousser les vagues d'assaut allemandes. »
Il te regarde. « Toi, où vas-tu ? »
Que réponds-tu ?

