N° 4 - 1914, la guerre de mouvement


On te donne ton uniforme, ton fusil et un lourd sac à dos. Tu t’habilles rapidement. Puis, un officier vous fait ranger en rang de deux, et vous partez à pied jusqu’à la gare de Perpignan. Les quais de la gare sont bondés de soldats qui attendent leur train. Les cris des chefs de gare se mêlent aux sifflements des trains. Tu avances dans la foule, ton sac lourd sur l’épaule, en suivant les autres soldats. 

Tu montes dans ton train. Il est plein à craquer. Tu te glisses dans un wagon déjà rempli de soldats. Vous êtes serrés les uns contre les autres, debout dans les couloirs, assis sur vos sacs.

Tout au long du voyage, des trains te croisent sans arrêt. D'abord, ce sont d'autres convois qui foncent vers la frontière entre la France et l’Allemagne, chargés de canons et de munitions. Puis des trains pleins de soldats comme toi. À chaque fois qu'un train passe, les hommes agitent leurs képis par les fenêtres en criant. Le bruit des locomotives fait trembler les vitres. Cette immense machine de guerre ne s'arrête jamais. Le voyage dure des heures et des heures. La chaleur est terrible. Tu penses à ta famille.

Après une nuit difficile, le train s'arrête enfin près de la frontière. Vous descendez, les jambes engourdies. Les officiers crient des ordres. Ton régiment se met en marche tout de suite. Pendant deux jours, vous marchez vite sur les routes pleines de poussière. Tes pieds te font mal dans tes chaussures neuves. Ton sac pèse lourd sur tes épaules. Mais tu continues, comme tous les autres.

Le troisième jour, tout change. Des coups de feu éclatent. Les soldats allemands vous visent. Les ordres fusent : « Courez ! À l'abri ! » Tu cours avec tes camarades vers une ferme abandonnée. Les balles sifflent au-dessus de vos têtes. Vous vous cachez derrière les gros murs de pierre. Ton cœur bat si fort que tu l'entends dans tes oreilles.

Ton officier s'avance. Son visage est tendu. « Il nous faut des informations sur leurs positions. Y a-t-il des volontaires pour partir en reconnaissance comme éclaireurs ? » Le silence se fait. Tous baissent les yeux. Ton officier attend une réponse.

Que décides-tu ?