N° 5 - 1915, la guerre des tranchées


Tu restes avec les autres soldats derrière les murs de la ferme. Ton officier hoche la tête et repart vers l'avant. Les heures passent. Vous entendez des coups de feu au loin, puis plus rien. Au lever du soleil, un des éclaireurs revient en courant. Il est blessé à l'épaule. « Je suis le seul survivant. Tous les autres sont morts », dit-il simplement. Personne ne parle.

Les semaines suivantes, vous combattez presque chaque jour. Vous avancez, vous reculez, vous repartez. C'est la guerre de mouvement. Les villages défilent. Les batailles s'enchaînent. Puis, en octobre, tout s'arrête. Plus personne n'avance.

Cela fait maintenant plusieurs mois que tu es au front. L'hiver 1914-1915 a été terrible. Le froid mordant, la boue glacée, les nuits interminables. Mais le printemps arrive. Les arbres bourgeonnent.

Les Allemands sont devant vous, à quelques centaines de mètres. Vous ne pouvez pas les chasser. Eux non plus ne peuvent pas vous chasser. Alors, pour se protéger des balles et des obus, les deux armées ont creusé la terre. Au début, c'étaient juste des fossés peu profonds. Maintenant, ce sont de véritables tranchées : des couloirs creusés dans le sol, assez profonds pour qu'un homme marche debout sans être touché.



Tu vis dans ces tranchées. Tu manges, tu dors, tu attends. Les parois sont renforcées avec des planches et des sacs. Au fond, l'eau de pluie forme une boue épaisse. Les rats courent partout. L'odeur est terrible.

Entre les tranchées françaises et allemandes, il y a le « no man's land », la terre de personne. Un terrain dévasté, criblé de trous d'obus, où personne ne va sans risquer sa vie.



Ce matin, le capitaine vous rassemble. Il regarde les visages : « Messieurs, j'ai besoin de volontaires pour deux missions. D'abord, combattre en première ligne : monter la garde, tirer, repousser les attaques. Ensuite, creuser et réparer les tranchées : elles s'effondrent sous les obus et la pluie. » Le capitaine te fixe. 


Que réponds-tu ?